Elia Pagliarino : « J’essaie toujours de communiquer par l’émotion et par l’humour. »

Salle des specimensSpecimensDrawingsBalises céramiquesBalises céramiquesRussula Emetica Cornue

Elia Pagliarino présente l’exposition Utopies à La Mouche, centre d’art contemporain jusqu’au 15 juillet. Artiste a la vision sensible et fantaisiste, étrange et poétique, son imaginaire naturaliste révèle pourtant une part souvent cachée de la nature humaine. ▤ Rencontre ▤

ART DANS L’AIR : Vos créatures empruntent autant aux modes de vie actuels (influence des mangas, tatouage, etc) qu’aux cabinets de curiosité du XVIIIè. Ou trouvez-vous votre inspiration?

ELIA : Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir accès à une information vaste, du local à l’international. Tout m’intéresse et tout me pose question. J’y puise mes sujets, qu’ils soient sociologiques, historiques, culturels ou ethnologiques.

Mon travail consiste ensuite à faire un pas de côté pour que le résultat puisse s’apprécier à différents degrés, soit sous un aspect purement graphique, soit à un niveau plus signifiant qui peut inciter le spectateur à s’approprier le sujet pour en faire sa propre interprétation. Quoi qu’il en soit, j’essaie toujours de communiquer par l’émotion et par l’humour.

Cette exposition montre essentiellement des dessins et des céramiques. Travaillez-vous également d’autres techniques ?

Oui, la peinture et la sculpture sont des domaines que je pratique en parallèle. Mais mon travail actuel et mes projets tournent autour du dessin (petits et très grands formats), qui m’impose d’aller à l’essentiel par le trait, et autour de la céramique que je vais faire évoluer vers la sculpture.

Vous exposez vos créatures au centre d’art La Mouche à Béziers. Avez-vous adapté l’expo au lieu ?

Oui, avec Francine Buesa, nous souhaitions proposer une exposition en trois parties distinctes organisées dans trois salles différentes : celle du temps présent, les grands dessins des Contes Sauvages ; celle du temps à venir avec les Espèces en Voie d’apparition présentées sous forme de cabinet de curiosités ; et enfin, le temps passé ou en cours d’achèvement : là, les céramiques (les Balises) se succèdent en ligne dans un grand espace blanc de pierre et de métal face au planisphère mural qui localisent leurs histoires (réelles) dans le monde. Cette salle donne à la mise en scène une atmosphère à la fois solennelle et très émouvante. C’est un peu le point d’orgue du parcours.

Avez-vous d’autres expos prévues dans les mois qui viennent?

Au mois de juillet, j’exposerai à Londres pour la Société des Femmes Artistes, et je prépare une exposition personnelle au Centre d’Art Bellegarde de Toulouse pour novembre et décembre 2017.