Elia Pagliarino, poésie naturaliste, dessin et utopies

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La galerie La Mouche accueille les Utopies dessinées par Elia Pagliarino.

Elia Pagliarino est une artiste bien connue de la rédaction puisqu’elle a fait l’objet d’une rencontre dans le numéro 22. Elle présente l’exposition Utopies à La Mouche, centre d’art contemporain.
Elia Pagliarino a une vision sensible et fantaisiste, étrange et poétique. Cet imaginaire naturaliste révèle pourtant une part souvent cachée de la nature humaine. L’exposition est divisée en trois temps, passé, présent, futur que l’on peut parcourir avec l’appétit d’un ethnologue, ou la curiosité de l’enfance.

«J’ai toujours aimé les planches naturalistes, explique-t-elle simplement. Après, j’ai voulu les détourner, mélanger des éléments humains, végétaux, animaux, pour créer de nouvelles hybridations ». L’inspiration est à chercher dans les ouvrages savants du passé, mais débouche sur une problématique bien actuelle : elle travaille « l’esthétique de la métamorphose pour réveiller autant notre émerveillement enfantin que nos inquiétudes contemporaines ».

L’EXPO

Première étape, le temps présent, celui des «Contes Sauvages» : les grands formats tracent, à la manière des gravures anciennes du XIXème, un bestiaire humain exubérant. Ces métamorphoses esthétiques réveillent notre émerveillement enfantin, nos contes populaires, parfois drôles, parfois émouvants, quelque fois étranges. Ce monde débridé parle aussi de mixités – du genre et des origines – en perpétuels changements, dans une frénésie de révolution. Une utopie nécessaire.

Deuxième étape, le temps à venir, celui des «Espèces en Voie d’Apparition» : une collection anthropologique de nouveaux Spécimens dans l’esprit des planches naturalistes. Immersion dans un muséum du futur ! Ces Spécimens sont issus de croisements humains, animaliers, végétaux, minéraux et technologiques.

Comme une revanche sur l’extinction accélérée de nombreuses espèces, ces spécimens ont emprunté attributs et fonctions pour mieux s’adapter à leur environnement, avec fantaisie, logique et poésie. Une utopie du vivant.

Troisième étape, le temps passé ou en cours d’achèvement, celui des «Balises». Ces céramiques recensent des histoires individuelles ou collectives inscrites dans le passé de nos civilisations ou en cours d’extinction. Ces petites histoires témoignent de la Grande Histoire et tendent un fil invisible entre les pays et les civilisations. De la Patagonie à Okinawa, de Manhattan au Pakistan, de l’Afrique Centrale à l’Islande …

Art dans l’Air a consacré un article et sa couverture à Elia Pagliarino, en sept-oct. 2016 (n°22).