Gueule de chantier : « ce projet est avant tout une aventure humaine » Patrick de Devit

L’exposition « Gueule de chantier » est un hommage aux personnes qui ont travaillé sur le chantier du Kiasma, à Castelnau-Le-Lez. Cette initiative a été menée par l’association Image’In & Vous sur plusieurs dizaines de séances de prise de vues, des centaines de photos réalisées, entre portraits, bâtiments, structures, engins et outils… À ce titre, nous avons rencontré son président Patrick Devit.


Vous êtes à l’origine du projet Gueule de chantier, première exposition au Kiasma. Pourquoi l’avoir initiée ?

Au cours d’un de mes voyages au Etats-Unis, j’ai pu visité la « Space Needle » de Seattle. Sur les rampes d’accès aux ascenseurs sont exposés de nombreux clichés des ouvriers ayant participé à sa construction. Tous ces clichés en noir et blanc reflétaient le monde fraternel, mais aussi, souvent dur du bâtiment.

A mon retour, je suis allé trouver Vincent Nolot qui m’avait parlé de son envie de monter un suivi photographique de « Belles gueules de chantier ». Avec un brin d’inconscience nous nous sommes plongés dans ce projet, qui est, avant tout, une aventure humaine.

Combien de tirages sont exposés ?

Sur les 463 photos remises à la municipalité, une cinquantaine ont été sélectionnées, il nous était impossible de faire une sélection tant l’affectif a accompagné le projet. Je crois savoir que le choix a été également difficile pour les différents membres de la commission de sélection…

L’humain est central dans le projet. Qui sont les hommes sur les photos ?

Je pense que vous avez pu remarquer qu’il n’y a pas que des hommes, même si elles ne sont pas en majorité, quelques femmes figurent parmi les prises de vues.

Tous ces hommes et ces femmes ont participé à la construction. L’architecte, la contrôleuse technique, le responsable des services techniques ainsi que les ouvriers des divers corps d’états intervenant sur le site ont apporté « leur pierre à l’édifice ». Nous avons ressenti cette construction comme une œuvre collective.

Comment s’est passé la relation entre votre association et les personnes qui travaillaient sur le chantier au fil du temps ?

Dés le départ, nous ne souhaitions pas avoir une présence ostentatoire, le photographe n’ayant pas à priori une bonne réputation. Au sein de l’association nous avions l’homme de la situation.

Jean louis Ganivet, véritable cheville ouvrière du projet, a su tisser une relation avec chacun des ouvriers, chef d’équipe, maitre d’œuvre, présents sur le site.

Chaque mercredi (jour des prises de vues) il devait gérer sur la vingtaine de photographes de l’association les deux ou trois personnes programmés afin que notre présence ne soit pas gênante et qu’elle soit aussi discrète que possible. Au bout de quelques semaines une vraie relation s’est établie.

Comment avez-vous choisis vos prises de vue? Sur le vif ou avec des poses préparées ?

Nous pouvons assurer qu’aucune des photos n’a été volée, ou scénarisée, seules quelques personnes posaient sympathiquement en nous voyant au fil des semaines.

Comment imaginez-vous la réaction du public face à l’exposition?

Je souhaite que le public ressente à travers toutes ces photos, toute la passion qu’ont ces compagnons à bâtir, façonner, polir, assembler. Tout cela sous la baguette du chef d’orchestre qu’est l’architecte. Ils ont mit leur cœur, leur sueur, leur intelligence pour construire cette salle de spectacle.

J’espère que le public ressentira toute l’émotion qui se dégage de ces magnifiques photos.

Exposition visible du  24 juin au 1er juillet, tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 19h, sauf le mercredi.