Honni soit qui mahi pense…

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Estimez-vous heureux/se, vous avez échappé à un titre plus nul : “Demain, je me mahi”,  auquel j’avais pensé pour vous inciter à venir au vernissage de l’exposition aux deux faces de… Mahi au musée Hofer-Bury de Lavérune qui se tenait ce vendredi 21 avril. Le vernissage est passé mais reste l’exposition et elle vaut le déplacement.

À commencer par la lumière du matin ou du soir dans le parc du château des Évêques qui abrite le musée Hofer-Bury (au 1er étage) et le salon de musique (au RdC). Deux espaces proches pour une exposition à deux faces intitulée “De la chute au carré”, celles d’un Janus nommé Mahi qui vit et travaille à Montpellier. L’homme a de toute évidence la tête bien faite et bien pleine, ce qui de son propre aveu l’a bloqué dans sa création picturale pendant quelques années. Il a surmonté cette phase et est reparti de plus belle une fois son activité professionnelle de scénographe de théâtre mise en veilleuse.

Le premier volet de l’exposition “De la chute des corps” se déploie au salon de musique. Inspiré par les nombreuses Chutes des damnés qui jalonnent l’histoire de la peinture c’est aussi une réflexion philosophique ou métaphysique sur les notions de pesanteur, de haut et de bas, donc de sens, jalonnée de citations d’auteurs de référence, ce qui n’entrave en rien le travail sur les matériaux*, les textures, les formes et les couleurs qui est de premier ordre.

La montée du magnifique escalier du château des Évêques pour accéder aux salles du musée Hofer-Bury vous ménagera un sas visuel, conceptuel et émotionnel pour le deuxième volet de l’exposition : “Les racines du carré”.  On est ici dans l’allégresse du “Gai savoir” cher à Nietzsche, jeux de mots plus ou moins approximatifs, détournement de sens ou au contraire emploi au sens littéral. Les maitres en la matière sont convoqués, Magritte ou Marcel Duchamp, mais le jeu sur les matières et sur les formes ou sur les biais de la perception ne sont pas oubliés.

Bref, une exposition riche et réjouissante.

On ira voir avec intérêt le site de l’artiste.

On remarquera la présence de matériaux tirés du lin cette plante emblématique de la Normandie ; au gré d’une conversation avec l’artiste j’ai appris qu’il garde un souvenir ébloui de son enfance normande où il se promenait dans les champs de lin aux fleurs bleues que ses grands-parents travaillaient pour en tirer la fibre obtenue après rouissage sur andains.

Pour les besoins de l’exposition de Mahi l’agencement de l’accrochage 2017 de la collection permanente du musée a été un peu chamboulé, vous y trouverez certains des éléments dont je vous parlais dans mon message du 27 janvier, d’autres ont été regroupés ou enlevés pour réserver les deux premières salles aux Racines du carré. Bonne nouvelle pour les radins vous y accédez gratuitement (au lieu de payer 2 euros en temps normal).

L’exposition dure du samedi 22 avril au dimanche 14 mai 2017 du jeudi au dimanche de 15 h à 18 h.

Michel-Igor GOURÉVITCH
dit Igor (MIG)

L’exposition dure du samedi 22 avril au dimanche 14 mai 2017
du jeudi au dimanche de 15 h à 18 h
Entrée libre