Un chemin de sculptures qui se transforme en un chemin du sculpteur… La communauté de communes Piège-Lauragais-Malepère qui rassemble plusieurs petites communes autour de la cité cathare de Fanjeaux (11) avait lancé fin 2016 un ambitieux appel à projet pour réaliser sur la commune un chemin de sculptures comportant dix sculptures. Résultat : un seul et même artiste rafle tous les lots.

La consultation était divisée en cinq lots comportant chacun deux sculptures, et le cahier des charges précisait que le maître d’ouvrage souhaitait de la diversité…
Extrait du cahier des charges :

« La volonté du maître d’ouvrage est de disposer d’un parcours artistique présentant une certaine diversité, et donc réalisé par plusieurs artistes (de 3 à 5 maximum). Pour cela, la commande est divisée en 5 lots distincts. Chaque lot comprend la réalisation et l’installation d’une œuvre majeure (sculpture et assises) et d’une œuvre de moindre emprise ».

De nombreux sculpteurs ont répondu, de la région ou non, seuls ou au travers d’associations ou de groupements. Parmi les artistes régionaux, on peut citer Jean-Christophe Alix, Alejandro Berconsky, Didier Bourdon, Manon Damiens ou Yannick Robert.

Après consultation des offres…. le jury (dans lequel figuraient la commune, la communauté de communes, la Région, l’Etat au travers de la Drac, le département ou l’architecte des bâtiments de France, le CAUE) a porté son choix pour l’ensemble des lots sur un seul sculpteur, Loïc Tellier du village de Beaumont en Indre-et-Loire.
On peut avoir un exemple de ses travaux sur le site.

Evidemment, ce chemin de sculptures qui se transforme en un chemin entièrement confié à un seul et même artiste a laissé perplexe les autres artistes, d’autant plus que certains, après ouverture des propositions fin 2016, avaient été amené à préciser leur offre, qui semblait dans un premier temps retenir l’attention du jury.

« Je n’avais répondu qu’à un lot, explique ainsi Yannick Robert. Le bureau d’études m’a demandé de faire une proposition complémentaire, j’ai alors répondu deux autres lots ». D’autres s’étonnent que dans le cadre d’un appel d’offres aussi important, aucun n’ait été convié à faire de présentations orales.

 A la lecture du compte rendu du bureau d’étude chargé de la consultation, William Meyer du bureau tourisme et patrimoine, il y a eu 16 offres et dix d’entre elles ont été jugées « inappropriées car ne répondant pas aux exigences esthétiques du maître d’ouvrage« . Il ne restait donc plus que six offres, dont trois déposées par Loïc Tellier.
L’artiste n’avait en effet répondu dans un premier temps qu’à trois des cinq lots, en faisant une proposition financière largement inférieure au prix plafond de 24 000 € (ses offres étaient de 16000 et 18000 €).

Mais ce qui laisse perplexes les artistes recalés, c’est que le bureau d’étude a ensuite rappelé l’artiste pour lui demander de faire également des propositions pour les deux autres lots. Propositions que Loïc Tellier a cette fois-ci facturées au prix le plus élevé (24 000 €) et qui ont été retenues sans aucune difficulté !