Merveilles et Mirabilia au Pic Saint Loup

Mirabilia- Julien SalaudMirabilia - Nick ErvinckMerveilles - Julie LegrandMerveilles - Julie LegrandMerveilles-Simon Pérot -ChimereMirabilia - Perrine LievensMerveilles-Simon PérotMirabilia - SkodaMerveilles - Vincent Breed

Au Nord de Montpellier, la communauté du Pic Saint Loup a choisi cette année un thème commun pour ces deux expositions d’art contemporain : Merveilles.

Il se décline donc de deux façons différentes dans le Musée des Matelles et dans la Halle du Verre de Claret.

Mirabilia – Julien Salaud

Aux Matelles, 11 artistes contemporains montrent le sens que peut avoir aujourd’hui ce mot de Merveilles et cette notion de merveilleux.

Contrairement aux cabinets de curiosité du XVIIIè où on pouvait encore imaginer qu’il existe des choses merveilleuses sur terre et qu’on n’a pas encore découvertes, ici, le merveilleux tient plus d’un regard qu’on peut poser sur le quotidien : il faut réenchanter le quotidien pour en découvrir le côté merveilleux, plutôt que de l’attendre d’éventuelles rencontres extérieures.

L’expo commence donc par un miroir concave-convexe de Vladimir Skoda qui tourne sur lui-même et propose donc à celui qui regarde une image mouvante et déformée.
Elle se prolonge par des œuvres de jeunes artistes qui ont bien souvent travaillé sur la thématique animale : une chimère de Julien Salaud (mais le faune tournant le dos à l’animal, contrairement à la représentation traditionnelle), ou des ailes de papillon qui font miroiter des objets fixes pour Perrine Lievens.

L’exposition montre également que les techniques les plus contemporaines peuvent permettre de renouer avec ce sens du merveilleux, en rendant accessibles des choses qui ne l’étaient guère, comme cette œuvre réalisée par Nick Ervinck, grâce à une imprimante 3D, qui donne le sentiment d’avoir figé à tout jamais une éclaboussure, la rendant fascinante.

Merveilles-Simon Pérot

A Claret, la Halle du Verre reste fidèle à son thème de prédilection en montrant des œuvres de 16 verriers contemporains, chacun proposant des œuvres qui tournent autour de cette notion de merveilleux.

Les vases de Mathilde Caylou ont l’air ainsi de s’extraire de la terre, leurs racines étant encore visibles, pendant que Simon Pérot montre des monstres figés de manière intemporelle dans le verre qui se transforme ainsi en improbable sarcophage, quand il ne transforme pas la carcasse même d’un animal en un objet de verre translucide, immuable, mais fragile.

Les yeux de géants de Vincent Breed, démultipliés par des miroirs, apportent des regards supplémentaires à ce lieu par ailleurs plongé dans le noir. On n’est pas loin du cabinet de curiosité du XVIIIè, avec ses espèces inconnues et ses monstruosités anatomiques dans des bocaux.

Parmi les œuvres les plus fascinantes, les créations de Julie Legrand, qui est venue sur place étirer des fils de verre avec son chalumeau : ses œuvres sont d’une fragilité qui interdit tout déplacement. Et merveille : avec ses cheveux de verre, elle rend vivants des bouts de bois ou d’éponge. Dans la nature, les coraux disparaissent. A Claret, ils réapparaissent. Magie.

– Mirabilia, musée des Matelles (maison des consuls), jusqu’au 3 septembre
– Merveilles, jusqu’au 30 novembre, Claret, la Halle du verre