La Galerie Annie Gabrielli accueille l’exposition photographique de Soraya Hocine, « Opium, chacun de nous est un désert » du 3 décembre au 4 janvier 2017.


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Soraya Hocine met en scène un travail photographique sensible, loin du bruit et des rythmes effrénés de la société moderne. À travers sa série « Opium », elle dresse des atmosphères où le temps est figé, comme suspendu, où la notion de vide prend de l’espace pour provoquer un sentiment de quiétude; « chacun de nous est un désert » est un appel à l’isolement, à la réflexion personnelle, à la décroissance positive.

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En effet, c’est bien sous le sceau de la figure seule que se place ce projet Opium. La pensionnaire du foyer baignée d’un rai de lumière très hopperesque qui nous tourne le dos, un résident qui se soustrait un instant au monde en fermant les yeux, le livret de famille posé au centre d’une nappe en crochet, l’abat-jour de dentelle suspendu et perdu sur un fond de lambris, l’arbre enneigé ou encore celui qui se dissout dans le brouillard sont autant de sujets choisis par l’artiste pour incarner l’idée de désert.

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De déréliction peut-être. Le médium photographique est certainement le plus approprié dans cette intention car il est celui qui cadre, qui isole, tout en révélant par le découpage du monde qu’il propose. Cela ne saurait toutefois suffire pour qu’une figure esseulée puisse pleinement habiter l’espace d’une image. Car sans attention soutenue aux êtres et aux choses, sans mises en scène et en lumière finement élaborées, nulle situation humaine quotidienne et nul objet banal ne pourraient être transfigurés comme ils le sont dans le travail de Soraya Hocine.

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Cette dernière a, en effet, cette capacité à déceler dans le réel ce qui d’habitude échappe à notre regard, par son éloignement géographique ou social, et à nous le soumettre avec délicatesse. Elle a l’art de montrer ce qui ne nous est pas familier, ou ce qu’il y a derrière les murs, en des instants de grâce et de dignité. Qu’elle photographie les résidents d’une pension de famille d’une fondation d’utilité publique, qu’elle s’approprie par le corps et le regard un ancien pavillon d’un hôpital psychiatrique ou qu’elle montre les coulisses d’une revue du Lido, elle insuffle dans ses sujets douceur et quiétude, grâce à la bienveillance de son regard et sa prévenance. Comme si de son œil et de son appareil, elle caressait le monde pour en saisir l’essence la plus profonde, la plus vraie. Jamais volées, ni arrachées à des vies, les images de Soraya Hocine ne portent nullement la trace de l’intrusion ou de l’obscénité. Elles sont juste des éclats de sincérité et de grande humanité.

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