Sunra : « Comme la médecine peut soigner le corps, j’aime à savoir que l’art peut soigner l’âme. »

Sunra a un blaze, le coeur. Il en sème à Montpellier et ailleurs dans des fresques urbaines. Le but étant de véhiculer une image positive de l’humanité et de ses constituantes. Il en fait encore la démonstration pour l’exposition « United Nations of love » qu’il prépare à l’école maternelle Florian de Montpellier.

Art dans l’Air : Vous êtes actuellement en Résidence à l’école maternelle Florian de Montpellier, sur quel projet travaillez-vous ?

LOVE x LOVE = ?, 2016 / Montpellier, France

Sunra : Ce projet s’inscrit dans le programme “La petite galerie”. Il vise l’aide à la création et au développement de petites galeries dans des écoles du département. 

“La petite galerie” est un lieu aménagé à l’intérieur d’une école où les enfants et les adultes du « monde de l’école » vont pouvoir rencontrer le travail d’un créateur contemporain. Cet espace doit être plus qu’un lieu d’exposition, il doit permettre d’insuffler du travail dans les classes, par des interventions directes de l’artiste, par la rencontre avec celui-ci lors d’une visite ou du vernissage. 

D’autres artistes sont également intervenus dans cette école avant moi. Sylvia Hansmann, l’année dernière. 

Quand on m’a proposé cet ancien appartement de fonction comme atelier j’ai tout de suite vu le potentiel qu’il y avait à en tirer. J’ai demandé s’il était possible de l’investir entièrement pour l’exposition. La réponse a été positive. 

C’est le genre de projet qui rappelle la Tour Paris 13 ou bien l’exposition “parcours“ dans le quartier des arceaux, et Home street Home à Près d’Arènes. Cet appartement sera amené à être détruit et remplacé par des salles de classes. L’aspect éphémère de ce projet en était renforcé. Pour moi c’était le lieu parfait pour laisser cours à mon travail en réalisant une exposition plutôt inédite. 

Sunra X Oups / Chet love, 2016 / Rue de la Méditerranée – Montpellier, France

Qu’allons-nous découvrir, plutôt du pochoir, du travail sur toile…?

Nous allons découvrir dans cet espace un travail essentiellement mural avec différentes ambiances et univers. J’ai tenté d’être le plus ludique et varié possible afin de m’adapter aux enfants et ce qu’ils font tout au long de l’année avec leurs professeurs. Il y a également un aspect culturel, éducatif et social à travers mes influences ainsi que  sur les sujets traités. 

J’essaie de proposer une variété de visuels : des scènes, des portraits, des citations, des clins d’oeil, des détournements… et de supports : murs, toiles, encadrements et autres objets… 

Deux de mes amis interviennent également sur l’exposition. Oups que tout le monde connait avec ses rochers coccinelles et Yan, un talentueux sculpteur de têtes d’animaux. Chacun de leurs façon apportent un intérêt et une diversité supplémentaire à l’ensemble.   

Quel est votre processus créatif, de la genèse à la finition ?

Comme un architecte, j’ai posé le plan de l’appartement en définissant différents thèmes pour les pièces et un sens de visite. J’avais certaines idées bien précises en tête. J’ai créé de nouveaux visuels, j’ai inclus par la suite mes précédents travaux. Le reste s’est fait au fur et à mesure du temps passé dans ce lieu.

« United Nations of love » est une appellation d’expo très positive, romantique mais aussi engagée. Quel regard portez-vous sur votre rôle d’artiste par rapport à l’actualité et les différents conflits actuels?

J’ai toujours vu le rôle d’un artiste comme celui de témoin de la société dans laquelle il évolue. L’histoire de l’art ne se détache pas de celle de l’humanité. Tout ce que nous faisons doit être une inspiration pour notre prochain. Comme la médecine peut soigner le corps, j’aime à savoir que l’art peut soigner l’âme.

Le titre, ainsi que son logo sont un détournement de celui de l’organisation des Nations Unies. C’est aussi un clin d’œil au rassemblement attendu pour nos futurs élections présidentielles. 

C’est également le constat de ce que me renvoie les personnes que je rencontre lorsqu’ils viennent coller des coeurs. J’ai l’impression que l’on est une nation d’amoureux conscients, inconscients, visibles et invisibles. 

Whose world is this ?, 2016 / Montpellier, France

Plus généralement, on sent la patte de Banksy dans vos pochoirs. Pourquoi appréciez-vous cet artiste ? Sa création qui vous paraît la plus forte ?

Banksy est une grande inspiration. La force de son travail réside dans ses message et dépasse l’esthétique. C’est un personnage dont on se souviendra par ses actions. C’est une légende comme beaucoup d’autres artistes, politiciens ou penseurs. J’aime également sa façon de présenter ses expositions comme des concepts.

Vous êtes dans la peau du spectateur de votre exposition, quelle est votre réaction ?

Je repars avec la sensation d’avoir vécu un moment léger et positif, que je vais passer une belle journée, que nous vivons dans un monde toutefois positif et qu’on peut toujours faire quelque chose pour rendre ce monde plus beau.

Des projets pour 2017 ?

Une fresque sur la ville de Sète pour début juin. Reprendre le chemin de l’atelier de Palavas Les Flots cet été pour de nouvelles créations et expositions pour la rentrée de septembre.

Crédits photo : Damien Rabaté

La visite de l’exposition se tient sur un seul jour pour le public.
Le samedi 22 avril de 10h à 17h.
Etant un établissement public et pour des raisons de sécurité, il faut obligatoirement sinscrire en envoyant nom et prénom à : unitednationsoflove@sunra.net

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